CORSE : VERS UNE RÉVISION DE LA CONSTITUTION, ET DUNKERQUE ?

Carnaval d’Ajaccio 2018

Depuis la victoire des autonomistes corses, qui ont pris le contrôle de la collectivité territoriale unique, si l’État leur donne satisfaction il faudra modifier la Constitution. Du coup d’autres grandes régions seront aussi en droit de demander une reconnaissance spécifique au sein de la République, comme la Bretagne, l’Alsace, la Savoie, la Nouvelle-Calédonie et… le Dunkerquois !

Une reconnaissance de la Corsitude et du calibre 45 ?

Lors de la visite du Président de la République, en février, les autonomistes corses ont réaffirmé leurs revendications. La reconnaissance de la langue corse comme langue officielle, au même titre que le Français ; la création d’un statut de résident pour toute personne non Corse, qui s’installe sur l’île de beauté ; l’amnistie des prisonniers politiques ; l’autonomie financière. Jean-Guy Talamoni et son collègue, Gilles Siméoni, l’actuel Président de la CTU proposent « de créer un nouvel article dans la Constitution, le 45-11mm, pour accorder à l’Assemblée de Corse le pouvoir d’adopter ses propres lois dans des domaines limités et sans jamais toucher aux compétences régaliennes de l’État. »

Un peu d’histoire

La Corse est devenue française en 1769 après la bataille de Ponte-Novo. La Savoie a été annexée en 1860. Dunkerque est devenue française, contre son gré, grâce au gros chèque adressé par Louis XIV au Roi d’Angleterre, en octobre 1662. Tout compte fait, les Savoyards, les Corses, les Dunkerquois ne doivent, si j’ose dire, d’être devenus Français qu’aux aléas de l’histoire. Normalement, si les événements avaient suivi un cours plus pacifique, les Savoyards et les Corses devraient être italiens et les Dunkerquois, belges.

Mais les récentes guerres de Yougoslavie, les démêlés politiques en Catalogne ou entre la Grèce et la Macédoine et le brexit ont relancé la question des nationalités en Europe.

Les conséquences pour le Dunkerquois ?

Si un nouvel article était ajouté à la Constitution, inscrivant donc les particularités régionales, Dunkerque serait en droit de porter les mêmes revendications que la Corse, et d’obtenir satisfaction auprès du Conseil constitutionnel. Ce qui aurait des effets majeurs sur la vie quotidienne. Par exemple, tout fonctionnaire nommé dans la cité de Jean-Bart serait tenu d’apprendre le parler dunkerquois, devenu obligatoire dans la communication avec les administrés. De même, il serait tenu de participer au carnaval, sachant qu’il serait libre de choisir sa bande. Hormis les Dunkerquois, aucun étranger à la commune ne pourrait acquérir un bien immobilier avant d’y avoir résidé cinq ans. Y compris les Corses…

Concernant le « droit limité » d’adapter les lois au contexte local, il pourrait être décidé que les carnavaleux auraient la possibilité de rejoindre leur domicile en voiture avec deux grammes après chaque bande, ou le vendredi soir après la semaine de travail, en sortant de chez Borel. Un récent sondage de l’INP – l’Institut national de pifométrie – a prouvé l’adhésion massive des Dunkerquois à cette mesure de bon sens, et qui ne coûterait, de plus, rien du tout aux finances locales et permettrait aux forces de police et de gendarmerie de se reposer le ouiquinde et en soirée.

Concernant l’amnistie des prisonniers politiques, le Procureur de Dunkerque, agacé par la question, a déclaré à notre journaliste « qu’il n’y pas plus de prisonniers politiques à Dunkerque que de smout au c… »

Un délicat découpage géographique

Si Dunkerque est concerné, qu’en-est-il des communes environnantes ? Pour Mardyck, Saint-Pol, Malo, Petite-Synthe, Rosendaël, Fort-Mardyck, la question ne se pose évidemment pas. Ces communes font partie de Dunkerque et alimentent de façon solidaire les taxes foncière et d’habitation parmi les plus élevées du pays. Mais qu’en est-il de Coudekerque-Branche, Téteghem ou Grande-Synthe ? Pour les deux premières, le problème est réglé. Elles feront partie, de par leur histoire, de la nouvelle région autonome de Dunkerque. Pour Grande-Synthe, c’est plus complexe. De par les origines diverses de sa population, il n’est pas sûr que cette dernière adhère au projet, voire, affirme son souhait de garder son statut actuel au sein de la République. Un autre sondage l’affirme nettement. Qu’ils viennent du Maghreb, d’Italie, d’Espagne, de Lorraine, du Bassin minier ou de Pologne, voire même de Flandre, les Grand-Synthois refusent massivement l’autonomie. « Nous sommes français, point barre ! Arrêtez de nous les briser avec vos co…ies ! »

Et si d’autres refusaient un statut d’autonomie, il faudrait suivre l’exemple belge des communes à facilités linguistiques. Un fonctionnaire parisien pourrait avoir des obligations différentes selon la commune où il est affecté. La loi qui s’appliquerait ne serait pas la même selon la commune de résidence. Par exemple, un carnavaleux Grand-Synthois regagnant son domicile au volant de sa voiture, après la bande de Malo, pourrait conduire avec deux grammes jusqu’au rond-point des parapluies, selon la loi dunkerquoise, mais pourrait être verbalisé à quelques mètres de sa maison, la loi nationale s’appliquant avec sa main de fer.

Wulfran Dekastecker, Envoyé spécial de la Vigie à Ajaccio

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