NOS LENDEMAINS CHANTERONT-ILS, HEIN ?

Salut les aminches, c’est Hercule !

On dira ce qu’on voudra, cette rentrée 2019, c’est tout d’même eul’ brin, comme on dit chez moi. Au hasard, la réforme des retraites. Un peu d’histoire, pour les moins vieux de nos auditeurs. C’est en 1673 que le camarade Colbert, l’Édouard Philippe de l’époque, crée un système de retraite pour les vieux marins. Les autres travailleurs pouvaient crever la gueule ouverte dès lors qu’ils n’étaient plus en état de trimer, ou d’être soignées par leur descendance. C’était l’époque où les lendemains déchantaient, dès lors que tu atteignais l’âge canonique de 45 ans, sauf si que t’avais un peu de bien et produit suffisamment de lardons, qui avaient les moyens d’avoir pitié de toi, à condition que, dans tes jeunes années, tu n’ai pas mis ta bite sur l’épaule, façon pompe à essence.

Pis après, la Révolution a permis de fixer un âge de la retraite aux fonctionnaires, déjà des salauds de privilégiés, en 1790. Un peu plus loin dans le temps, une loi de 1853 leur a permis de cesser le travail à l’âge de 60 ans, et 55 ans pour ceux qui exerçaient les travaux les plus pénibles. Il faut savoir, qu’en 1850, l’espérance de vie moyenne est de 43 ans. Fort peu pouvaient donc profiter de ces lois fort généreuses. C’est d’ailleurs pour ça qu’elles l’étaient. Pour la plupart d’entre-eux, la seule caisse de retraite dont ils ont bénéficié était en sapin. Les lendemains qui chantent étaient réservés à une infime minorité.

Puis il faudra attendre 1930 et 1945, pour que les vieux puissent bénéficier de pensions. Et des lustres pour qu’elles deviennent décentes, qui leur permettent, désormais, de squatter les supermarchés et de vous les briser menu en en bloquant les rayons. Le vieux rencontre désormais ses potes dans les grandes surfaces. Terminé, le bistrot et la belote. Le vieux fait ses courses chez Chaulan, Pasclerc ou Carouf. Dès que les vieux se croisent dans le rayon saucisson, il font en sorte de verrouiller tous les passages en combinant leurs chariots, tels des panzers en fil de fer, façon Guderian 1940 dans la trouée des Ardennes, afin de bloquer la ménagère de moins de 50 ans au temps de cerveau disponible, dans sa frénésie de consommation avant qu’elle puisse aller chercher ses chiards à l’école. Le supermarché est le dernier espace de liberté du vieux avant le ciel promis par la calotte et autres empêcheurs de vivre heureux sur Terre. On peut rêver mieux comme lendemains qui chantent que les rayons PQ et produits ménagers des escrocs de la grande distribution.

Le vieux fait ses courses, de préférence, aux heures de grande affluence. Alors qu’il n’a rien à branler de sa journée, hormis repeindre les volets de sa masure avant l’hiver, tâche ingrate à laquelle je viens honteusement de me livrer pendant 8 jours interminables. Il se faufile sournoisement au milieu des populations laborieuses qui lui payent sa pension afin de les emmerder. Il leur fait sentir, du haut de son arrogance de mec ou de gonzesse libérée du fardeau du service de travail obligatoire que lui, il est maître de son temps, donc du vôtre. Il brandit à votre tronche ébahie son lendemain qui lui chante à lui personnellement. Il vous nargue. De plus, il paye fréquemment par chèque, son dû à la caissière, vous qui n’avez que si peu de temps à perdre. Il vous arrive d’avoir envie de trucider le vieux qui vous précède à la caisse ? Normal, on ne pourra vous le reprocher. Le vieux choisit les modernes temples de la consommation, vu qu’à son âge, il n’y a que là que les queues s’allongent.

Ok, c’est une plaisanterie facile. Les jeunes ont aussi leur espace où les queues s’allongent, c’est le Pôle emploi. Vieux, jeune, à chacun ses lendemains qui chantent, surtout le lundi au soleil, mais comme disait le poète à paillettes, c’est une chose qu’on ne verra jamais.

Une ch’tite chanson, pour terminer, qui date de 1936, interprétée par Jean Gabin, tirée du film « La Belle équipe », de Julien Duvivier, où cinq copains décident de s’inventer fraternellement les lendemains qui leurs chantent…

Bonjour chez vous!

Quand on s’promène au bord de l’eau, Jean Gabin

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2 commentaires sur “NOS LENDEMAINS CHANTERONT-ILS, HEIN ?

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