HEDY LAMARR : « LES HOMMES SONT SUBJUGUÉS PAR MA BEAUTÉ PUIS HORRIFIÉS PAR MON INTELLIGENCE. »

On se souvient de Norma Jean Baker, plus connue sous le nom de Marilyn Monroe, dont le poster orne encore les chambres des boutonneux adolescents aux tendances masturbatoires. On se souvient (un peu) de Rita Hayworth, Lana Turner, Greta Garbo, Olivia de Havilland, Ingrid Bergman, Anne Baxter, Bette Davis, Ava Gardner, Joan Fontaine, Ginger Rogers, Carole Lombard, Janet Leigh, ces actrices hollywoodiennes des années quarante et cinquante. Toutes répondaient aux mêmes critères de l’époque, à savoir un physique conforme aux normes fixées par les producteurs mâles, dont une forte poitrine et de longues jambes surmontées d’un postérieur aguichant. Mais qui se souvient d’Hedy Lammar ?

Une exceptionnelle beauté

Hedwig Eva Maria Kiesler naît en novembre 1914 à Vienne, alors capitale de l’empire austro-hongrois. Sa beauté lui vaut d’être la vedette, en 1933, à l’âge de 19 ans, d’un film tchécoslovaque, considéré comme quasi-pornographique, « Extase », dans lequel, pour la première fois, une femme est filmée nue, jouissant d’un orgasme. Après quelques épisodes cinématographiques à Berlin, elle part pour les États-unis, avec un contrat de 7 ans pour la Metro Goldwyn Mayer. Elle y débute dans un remake américain de Pépé le moko, le film de Julien Duvivier avec jean Gabin, Casbah, de John Cromwell, aux côtés de Charles Boyer. Entre 1935 et 1950, elle tournera de nombreux films pour la MGM et la RKO. Devenue Hedy Lamarr, elle incarne divinement le mythe de la femme fatale. La presse américaine la qualifie de plus belle femme du monde, comme il lui arrive fréquemment de le faire, au rythme du défilé des starlettes débarquant en Californie. Mais cette beauté lui pèse. Elle déclarera, un jour, « ma beauté est un masque dont je n’arrive pas à me débarrasser. » Ce qui ne l’empêchera pas de se marier six fois et d’avoir de nombreux amants. Elle était et se revendiquait une femme libre, qui n’a jamais dépendu de qui que ce soit.

L’inventrice

Hedy Lammar n’est pas une poupée hollywoodienne. Elle réclame sans cesse des rôles où son vrai talent d’artiste s’exprimerait bien au-delà de sa seule photogénie. Mais les majors américaines y sont insensibles. Les seuls rôles qui lui sont confiés ne tiennent compte que de son physique. À Hollywood, c’est simple. Bleu pour les garçons, rose pour les filles. De nos jours, pas sûr que ça ait changé…

Hedy Lamarr est intelligente, redoutablement intelligente. Bien plus que les hommes qui prétendent diriger sa vie personnelle et professionnelle. C’est le point posant un vrai problème à la MGM qui ne réclame que des poupées qui obéissent sans discuter à ce qu’on leur demande devant la caméra, avant de les jeter après usage.

Alors, elle compense. Elle peint, elle joue de la musique. Et elle s’intéresse au arts, aux sciences et aux technologies grâce à son non moins exceptionnel QI.

Avec son ami pianiste, George Antheil, elle met au point en 1941, pendant la deuxième guerre mondiale, un système de codage qui permet de rendre indétectables les torpilles des sous-marins avec une technologie, « l’étalement de spectre par saut de fréquence », afin de réduire le taux d’échec désespérément élevé des projectiles lancés par les submersibles américains. Il s’agit de modifier, pendant toute la durée de leur trajet vers la cible, les fréquences de guidage de ces armes destinées à couler les navires japonais, les rendant ainsi indétectables par l’ennemi.

Les autorités militaires méprisent cette idée proposée par ce qu’ils considèrent comme le caprice d’une star d’Hollywood. Elles refuseront donc de s’en servir pendant tout le reste de la guerre.

La légende noire

L’avènement de l’informatique sera l’occasion de redécouvrir et de réhabiliter cette innovation géniale et permettra de générer la sécurisation des réseaux de télécommunications. L’internet, le Web utilisent toujours des technologies découlant de l’invention d’Hedy Lamarr. Aujourd’hui, il n’est pas exclu que votre téléphone mobile, votre smartphone utilise la technique Lamarr. En 1997, Hedy Lamarr a reçu le prix de L’electronic frontier fondation et, avec son compère George Antheil, elle a été admise au National inventors hall of fame en 2014.

Hedy Lamarr était réputée caractérielle, obsédée par son âge et sa beauté. De ses multiples conquêtes masculine, elle disait : « En dessous de 35 ans, un homme a trop à apprendre, et je n’ai pas le temps de lui faire la leçon. »

Elle refusera le rôle principal féminin dans Casablanca, face à Humphrey Bogart, ouvrant ainsi la voie à Ingrid Bergman. Selon George Antheil : «  Hedy était un géant intellectuel comparée aux autres actrices d’Hollywood. »

Elle abusera de la chirurgie esthétique pendant les trente dernières années de sa vie. Rassurez-vous. Hedy lamarr n’a jamais manqué de rien. Elle n’est pas morte dans la misère. Mais elle n’a pas eu la carrière qu’elle méritait. Soit parce que les studios lui ont refusé les rôles véritablement dignes d’elle, soit, il faut le dire, parce-qu’elle n’a pas toujours fait les bons choix. L’intelligence d’une femme, à Hollywood, n’est pas une garantie de réussite.

Pas plus aujourd’hui qu’hier…

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