SALAUDS D’ÉTRANGERS !

Lampedusa, Malte. Des rafiots attendent de pouvoir décharger leurs cargaisons de misère. Plusieurs millier de morts depuis maintenant près de 10 ans. Ça ne changera rien. La forteresse Europe est bouclée. Les survivants seront renvoyés chez eux. À la misère, à la pauvreté, à l’arbitraire. « Connard, t’as qu’à les accueillir chez toi » nous dit le bons sens paraît-il populaire. C’est vrai que je n’ai pas la place. J’ai bien une p’tite caravane au bout du jardin. Mais je peux pas héberger tout le monde.

Je me souviens de l’époque où l’immigration, c’était les Polaks, les Portos, les Espingos et les Ritals. On disait qu’à Saint-Pol-sur-mer, banlieue de Dunkerque, les Ritals s’étripaient à coups de surin, le soir venu, et que les Portos vous volaient la mobylette qui vous permettait de vous rendre à l’ouvrage afin que votre patron puisse faire de la thune à la sueur de votre front.

Les immigrés du Maghreb arrivaient en masse, tirés du bled par les maîtres de forges, afin de fabriquer l’acier des Renault 8 de nos congés payés à  l’Usinor – ArcelorMittal, désormais. Ils cohabitaient avec les Polaks, les Portos, les Espingos et les Ritals, dans les immeubles construits au chemin de grue, à Grande-Synthe, sans insonorisation, histoire d’interdire aux travailleurs postés de dormir la journée et de les loger à portée de main. Dame ! Trop de confort à l’ouvrier, ça le renvoie à sa fainéantise naturelle. Il y avait aussi les Francédesouche, venus de Lorraine, du bassin minier du Pas-de-Calais et de la Flandre profonde, ces derniers passant de la culture de la betterave à celle de la fonte des hauts-fourneaux.

Et tout ça a fait une communauté, bon gré, mal gré, à la pogne des patrons, certes, mais qui a appris le vivre ensemble. Karsmarsky, Lopes, Frachetti, Gomez, Klein, Vandenkoornhuyse, El Machkouri et Durand en ont chié et en chient encore pour laminer l’acier rouge avec leurs mains d’or. Ensemble.

Tous ces étrangers se sont coulés dans le creuset collectif, petit à petit. Comme disait l’autre « il faut laisser du temps au temps. » Mais il paraît que, tout de suite, maintenant, désormais, là, à l’instant, on n’a plus le temps. La Marine arrive ! Salope, comme dirait Bedos…

Ces salauds d’étrangers ont fait autre chose que bouffer notre Sécu et notre RMI. Ils ont eu largement leur part dans la construction de la France.

Je ne sais trop comment conclure ma réflexion. Alors un truc auquel je pense à l’instant. C’est Tony Murena, accordéoniste né en 1915 en Italie, débarqué en France en 1923, fuyant la misère et le fascisme. Ce mec nous a laissé un classique du musette, bien de chez nous : « Indifférence. » Le droit à l’indifférence, c’est bien, non ?https://www.youtube.com/watch?v=IjfvPHFYm18

Bonjour chez vous !

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