SUR NOS BRÊLES DANS MON QUARTIER ! (mars 2018)

Moi, je ne vis pas dans un quartier. Je vis à la cambrousse, au fin fond du Pays-de-Caux, en Normandie. En Seine-Maritime, plus précisément. D’ailleurs, des fois, je ne sais trop ce que je fous dans cette émission foutraque, diffusée dans le Tarn, à Cordes-sur-Ciel, où je ne connais personne et où personne ne me connaît, qui n’est même pas de mon quartier, si je ne m’abuse, comme dirait le docteur du même nom. Pour les auditeurs les plus jeunes, et les plus vieux, atteints de l’alzheimer, je fais allusion à la série des films de Fritz Lang, en 1922 et 1933 puis de sa deuxième période allemande, en 1960, avec le film « Die tausend Augen des Dr. Mabuse », en français, « Le diabolique docteur Mabuse. »

Mais, comme à mon habitude, je digresse, alors que je dois vous parler de mon quartier, vu que c’est le thème de l’émission, et que si je le fais pas, je pourrai me faire virer de CFM.

Avant de vivre dans mon ashram de la Côte d’Albâtre, c’est comme çà que notre coin, bordé par des falaises que même les Anglais nous jalousent, s’appelle, j’ai vécu dans des quartiers, je l’avoue. Mais si que je vous en cause des quartiers où j’ai vécu, je risque de vieuconniser sévère. Façon apprentissage du patin à roulettes et de la patinette ou du trafiquage de 49,9 façon mobylette. Ben tiens, la mobylette, je vais tout de même vieuconniser, c’est ça qui va me permettre de répondre à la commande de notre Jean-Pierre bien aimé.

La meule, la brêle, le 45km/h réglementaire, c’était pas notre truc. On était une tripotée de potes, passionnés de moto et fauchés comme DSK après son divorce d’avec la vedette des étranges lucarnes. On avait un copain, dans notre quartier, heureux pilote d’une Triumph Bonneville, même qu’on l’entendait pétarader à 7h du mat’ quand il partait à l’usine. Je précise que pour la bagnole, on parle de conducteur, mais pour la moto, on dit pilote. C’est plus noble. Le guignol en 404 Peugeot méritait tout notre mépris, à l’inverse du chevalier tout de cuir vêtu, caracolant sur son anglaise, vu qu’il n’y avait rien d’autre à chevaucher, l’industrie de la motocyclette française étant morte depuis longtemps. Je dis ça, mais c’était avant que l’industrie anglaise meure également de sa belle mort sous les coups de Honda, Kawasaki, Yamaha et Suzuki associés en un admirable complot.

Nous, on se traînait avec nos « grises » ou nos « bleues ». La grise, c’était la mob de base, et la bleue, elle avait en plus deux amortisseurs à l’arrière, ce qui fait qu’on avait moins mal au cul qu’avec la grise. Le top des meules françaises, c’était la orange. Et on avait un pote qui avait une Flandria 4 vitesses, avec une fourche téléphonique et un sécateur de vitesse, ousse qu’il avait monté un carbu Dellorto de 18 qui lui permettait de taper le 90 ! Les deuches ne pouvaient pas tenir le chrono ! Et on bricolait tout ça, pas devant chez moi, mes parents ne l’auraient pas admis, mais chez un autre copain de mon quartier, aux géniteurs plus compréhensifs, vu qu’ils étaient communistes ou un truc approchant. Des Bolcheviques, dans un quartier où Mongénéral faisait un score de maréchal africain à toutes les élections !

Alors nous, on trafiquait nos meules de pauvres. On polissait les cylindres, on agrandissait, à la lime, les lumières d’admission des minuscules moteurs deux temps, on montait des carburateurs tombés du camion, on vidait les pots d’échappement de leurs silencieux et le soir, on testait nos machines sur la place de mon quartier, façon James Dean, à une époque où l’on y comptait encore cinq troquets, remplacés depuis par des agences bancaires.

La poulaille locale a fini par faire le vide dans les rangs du gang de pirates motobécanesque de mon quartier, suite aux plaintes des riverains. Aujourd’hui, les PV pleuvraient, mais à l’époque, les flics étaient plus sympas. Au pire, tu chopais un pain dans la gueule, si tu leur causais pas correct et un raccompagnement chez tes vieux, qui te filaient une avoinée supplémentaire, histoire de manifester leur soutien aux forces de l’ordre, et l’affaire en restait là.

Mais, dans mon quartier, on a tout de même bien rigolé, pendant quelques temps, à péter le chrono sur notre circuit nocturne avec nos brêles trafiquées.

Aujourd’hui, je me demande ce que je ferai si des petits connards s’amusaient à venir me casser les couilles à minuit avec leurs mouches à merde…

Pour conclure, un ch’tit tube du groupe Lili drop, « sur ma mob. »https://www.youtube.com/watch?v=oQT2YpltjR0

Bon. Voilà, je n’ai pu échapper à la vieuconnisation en vous parlant de mon quartier. Mais ça, c’est la faute à Jean-Pierre… Bonjour chez vous !

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