PEUT MIEUX FAIRE ! (mars 2019)

De l’école primaire jusqu’à la fin prématurée de ma scolarité, les « peut mieux faire » ont parsemé mes bulletins de notes. Ça rendait mes parents furieux. Mais, avec quelques 50 ans de recul, je prends ça désormais pour un compliment. En m’infligeant cette remarque, mes enseignants ont, de fait, toujours reconnu mon haut niveau d’intelligence, voire, pour certains, les plus observateurs, mon génie précoce, et leur admiration pour mes multiples talents, ce qui me vaut de participer depuis près de 7 ans à Sexigénaires & Cie, votre émission hebdomadaire favorite sur l’antenne de CFM Cordes-sur-Ciel.

Je faisais toujours mes devoirs et apprenais mes leçons au dernier moment, ce qui m’a permis de réussir précocement à devenir un brillant produit de l’échec scolaire. Je suis l’un des très rares intellectuels à être titulaire tout à fois du BEPC et d’un CAP d’employé de bureau. J’ai ainsi, à force d’obstination, réussi à échapper à tous les maux du siècle dont sont victimes tous ceux qui sont parvenus professionnellement et socialement à une haute position, à commencer par un compte en banque copieusement garni. C’est bien connu, seuls celles et ceux qui en possèdent beaucoup ont des soucis d’argent. Les Cahuzac, Tapie et autre Fillon en savent quelque-chose. Me concernant, une furieuse tendance à la procrastination m’a permis d’éviter tous les tracas des victimes de la fortune acquise à l’hydrorrhée de vos fronts de pue-la-sueur de base.

Ces « peut mieux faire » m’ont évité l’ENA, l’École normale supérieure et polytechnique. Quand je vois tous ces produits de ces prestigieuses institutions souffrir dans les médias, avouer leurs impuissances face aux grand problèmes du siècle, je me dis que j’ai vraiment eu de la chance. Je le sais, j’aurai pu devenir un politicien ordinaire, un financier de haut niveau, un capitaine d’industrie exceptionnel. Mes « peut mieux faire » m’ont protégé de tout ça. Jusqu’à présent, j’ai évité avec maestria les gardes à vue au Japon et les cachots de la République. J’ai réussi à garder la santé en évitant les séjours à la Santé. Je tiens à remercier publiquement tous mes enseignants qui ont signé, avec une constance admirable, chaque trimestre , mes bulletins de notes d’un salvateur « peut mieux faire. »

1ère question du bac : faut-il réussir pour être heureux ou être heureux pour réussir ? Deuxième question du bac : « peut-mieux faire » n’est-il pas un gage positif de progression possible, d’espoir pour l’avenir, un précieux capital qu’il faut prendre soin de ne pas gaspiller ? Je vous invite à réfléchir à tout ça jusqu’à notre prochaine émission. N’ayant aucune limite, je me permets de citer Lao Tseu : « L’échec est le fondement de la réussite. » Quand je fais le compte de mes nombreux échecs, je prends enfin conscience que ma vie est une éclatante réussite. Ne serait-ce que, semaine après semaine, je peux m’adresser à vous, auditeurs fidèles, grâce à la bienveillance de l’ami Jean-Pierre. Le seul mec qui ne m’a jamais infligé un « peut mieux faire. »

Pour terminer, une réplique de Paul Newman, dans le film « L’Arnaque » : Si vous êtes à une table de poker et que vous n’arrivez pas à savoir lequel de vos adversaires va être le pigeon de la soirée, c’est qu’il y a de bonnes chances que ce soit vous. » On peut pas mieux dire, hein !

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