LUXE, LUXURE (novembre 2015)

C’est quoi la luxure ? Chez les pauvres, on appelle ça le vice, la débauche, le dévergondage, la lubricité… Chez les riches, on parle de luxure. Ce qui chez le pue-la-sueur de base est considéré comme de la dépravation est élevé, chez ceux qui prétendent nous dominer, comme le comble du raffinement.

Chez le pauvre, la sodomie, il la subit, de la part des guignols qui prétendent nous gouverner et de son patron. Chez le riche, c’est du libertinage. Il y a d’ailleurs des endroits pour ça, au tarifs interdits au contribuable ordinaire. Ça s’appelle des clubs échangistes. La sodomie, chez l’un, c’est une punition, chez l’autre, une mignardise. Le sexe est donc un marqueur de classe. Chez les riches, on pratique un échangisme distingué en sirotant de la Veuve Cliquot, chez les pauvres, on s’embourbe bestialement en buvant du Ricard.

Un DSK a le droit d’humilier une femme de ménage, après avoir humilié toutes les femmes qui l’entourent, en premier lieu, sa légitime. Le pauvre à la libido excessive n’a le droit qu’aux pages consacrées aux faits divers dans le torchon local et à la correctionnelle, faute d’un compte en banque bien garni.

Pour baiser dans des draps de soie, il faut être riche et en bonne santé. La beauté est facultative. L’élégance aussi. La luxure est un sport de luxe, comme son nom l’indique. Le vieux con au compte en banque bien garni se valorise quand il exhibe une beauté juvénile à ses côtés. Les Besson, Sarkozy, DSK se doivent de s’afficher avec des canons sous peine de paraître ringard. Le mec de soixante-cinq balais botoxé qui sort avec une jeunette de vingt-cinq ans, « connaît une nouveau départ » et a droit aux pages pipole de Paris-Match, dès lors qu’il est pété de thunes. Le pauvre qui connaît le même bonheur n’est qu’un pervers.

Tout le monde ne peut se prévaloir du Marquis de Sade sauf les partouzeurs au compte en banque confortable. L’intérimaire ordinaire qui se fait traire chez Amazon, France-telecom ou Pôle emploi – oui, Pôle emploi use d’intérimaires – a rarement le temps et l’occasion de trouver un moment pour jouir, coincé entre le métro du soir et le RER du matin, ou bien la ligne 2 des bus de Dunkerque qui l’emmène vers son abrutissante chaîne d’emballage de filets de poissons panés. Si tu pues le poisson en rentrant à ton F2, la douche prolongée est recommandée avant de connaître un chtit moment de plaisir avec ta compagne, si tu as la chance d’en avoir une ou bien si ses horaires postés ou de chômage correspondent avec les tiens.

L’amour, c’est comme les Rolex, si à cinquante ans t’as pas une jeunette de vingt pour s’occuper de ta bite, t’as raté ta vie. Le riche doit sentir ton regard envieux quand il daigne t’inviter dans son loft design dernier cri et te présente son épouse-trophée – l’expression n’est pas de moi, mais d’une connaissance belge – pour te faire sentir bien profond le niveau de luxure dont il bénéficie et pas toi, ce qui est le plus important. Être heureux, c’est bien, à condition que les autres ne le soient pas.

La luxure doit être réservée à une élite, comme les parachutes dorés, les actions juteuses et les jets privés. Allez, bonne baise chez vous !

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