CHAUFFARDS ! AVEC LA MÉTHODE CAHUZAC, PLUS DE SOUCIS ! (mon dernier billet!)

Ça vous est peut-être déjà arrivé, où ça va peut-être un jour vous arriver, ce que je ne vous souhaite pas, ni, surtout, à vos éventuelles victimes. Néanmoins, je me permets de vous donner la bonne méthode pour échapper à l’immobilisation de votre véhicule, l’annulation de votre permis de conduire, 4500 euros d’amende, la paille humide du cachot, la perte de votre emploi – ça serait trop con, vu que vous venez d’obtenir une promotion – le divorce (à vos torts), la ruine financière et l’opprobre de tous les membres de votre entourage qui vous fuient les uns après les autres, le reste de votre vie sous un carton à mendier avec votre chien, que votre ex-épouse vous a généreusement laissé, voire la corde de chanvre par un triste soir de pluie, après avoir ingurgité un cubi de mauvais vin. Non. Grâce à la méthode Cahuzac, vous allez pouvoir effacer avec maestria ces perspectives sinistres !

Je pose le décor. C’est vendredi soir, vous rentrez chez vous au volant de votre Citropeunault, après le pot de départ en retraite de Lambert, votre ennemi de bureau depuis quinze ans. Quatre ou cinq whiskys bien tassés ont eu raison de ces années d’inimitié, d’autant que vous prenez enfin sa place, cette place si convoitée depuis tant de temps et qui vous a toujours glissé entre les mains, depuis des lustres, malgré vos innombrables manigances et autres pitoyables machinations de petit chef besogneux. Le crissement de vos pneus a attiré l’attention d’un poulaga qui vous invite à vous garer sur le côté. « Bonjour Monsieur, police nationale. Permis de conduire, carte grise et attestation d’assurance s’il vous plaît. » Vos papiers sont en règle. Le poulet vous les rend. « Nous allons procéder à un contrôle d’alcoolémie. Veuillez souffler dans l’alcootest, s’il vous plaît… » Évidemment, le résultat est catastrophique. Votre permis va sauter, c’est fatal. En êtes-vous sûr ? Grâce à la méthode Cahuzac, vous allez vous en sortir.

D’abord, profil bas, pas un mot plus haut que l’autre. Restez digne. Soignez votre vocabulaire. Ne parlez pas surtout pas de délit, malheureux ! Mais d’une faute. Évoquez votre « part d’ombre. » Dites que vous « mesurez l’ampleur et la gravité de la faute morale que vous venez de commettre. » Que vous venez de « commettre une folle bêtise, une folle erreur. » Que vous vous « mentez à vous-même. » Ce soir, « j’aurai dû avoir la force d’âme de refuser – surtout, ne précisez pas le nombre de whiskys ingurgités – je n’ai pas eu la lucidité de refuser. »

À ce stade, les perdreaux sont forcément émus devant une telle repentance qui révèle votre humanité profonde, malgré votre 1,85 g/L. L’un d’entre-eux, particulièrement touché, déchire spontanément le procès-verbal sous le regard approbateur de ses collègues. Les larmes coulent sur les vieilles joues couperosées du brigadier-chef dont le regard reflète la bonté intérieure. Sous la rude carapace du cogne, il y a aussi un coeur d’homme qui bat…

Voilà. Vous avez réussi ! Escorté par des flics aux petits soins, vous rentrez chez vous tranquillement. Votre permis est sauvé, que dis-je ! Votre vie ! grâce à la méthode Cahuzac ! Ne me remerciez pas.

Ah, j’oubliais : arrivé devant votre domicile, évitez d’inviter les bourres à boire un dernier verre. N’en faites pas trop quand-même…

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