GRANDE DISTRIBUTION, AU CARREFOUR DE L’ARNAQUE (avril 2014)

L’arnaque existe sous des formes multiples. Les escrocs ont toujours fait preuve de la plus grande imagination. Sous la forme commune, ça consiste, par exemple, à te fourguer des panneaux solaires en t’expliquant que tu vas faire fortune avec EDF. Ou alors, en votant pour Untel plutôt qu’Untel, ton avenir sera radieux. Jusqu’ici, ce sont des classiques de l’arnaque, à portée de n’importe quel aigrefin. Il existe, pourtant, des montages bien plus juteux mais qui nécessitent des moyens puissants. Je vais te présenter, aujourd’hui, la technique du « double overfucking », en français : « le double surbaisage. »

Une grande chaîne de la distribution, au hasard, Carrefour, mais ça pourrait en être une autre. Elle doit tirer un max de profits en fourguant à prix d’or de la camelote qui ne lui coûte quasiment rien, comme par exemple les slips de la marque Tex, destinés à protéger tes précieuses couilles. Carrefour les fait fabriquer au Bangladesh, plus précisément par des esclaves dans une usine pourrie, comme celle qui s’est effondrée il y a un an, faisant 400 morts et 1200 blessés. Ça, c’est le baisage. On passe ensuite au surbaisage. Vu que Carrefour et tous les autres font fabriquer nos fringues en Asie – pour le moment, jusqu’à ce qu’ils trouvent encore moins cher ailleurs – la quasi-totalité de nos usines textile ont fermé avec des dizaines de milliers de chômeurs à la clef. Certes, tu as l’impression de payer tes slips moins cher (ce qui est faux) mais ton salaire est bloqué – si t’es pas content, y’a plein de chômeurs prêts à prendre ta place – et les prestations sociales versées aux pauvres, victimes des délocalisations te coûtent une fortune. Ça c’est le surbaisage. Jusqu’ici, rien que du normal. Je n’insiste pas sur le fait que la grande distribution use de toutes les techniques pour optimiser ses marges en faisant pression sur les producteurs, petits et grands et profite de toutes les astuces de l’optimisation fiscale pour payer le moins d’impôts possible, impôts que tu payes donc à sa place.

J’en arrive maintenant au couronnement de l’oeuvre « finis coronat opus. » Avec toutes ces magouilles, l’image de marque de Carrefour et des bandes rivales n’est pas très brillante. Il s’agit d’appliquer un peu de vernis humaniste. On lance donc une opération de charité. Pour Carrefour, ça s’appelle les boucles du cœur. On fait appel à deux populaires exilés fiscaux, Zinédine Zidane et Marion Bartoli pour solliciter la générosité des chalands aux caisses de Carrefour en faveur des « enfants ». Quels enfants ? On n’en sait rien. Mais les patrons de ces groupes savent que la notion d’enfants touche toujours le cœur du consommateur de base. Bien plus que le sidéen, le feignant de chômeur ou bien encore le sans-papier, que le même consommateur qui va verser son obole en faveur des « enfants », aimerait bien voir renvoyé chez lui à grands coups de pompe dans le derche.

Je résume. Carrefour fait travailler des esclaves. Ils sont loin, donc on ne les voit pas, donc on s’en fout. Il te fait payer les produits très cher, alors que tu crois faire une bonne affaire. Tu payes ses impôts à sa place et en plus, il te soutire du fric pour des bonnes œuvres qui ne lui coûtent pas un rond mais lui donnent une image généreuse auprès des gogos qui passent à la caisse. C’est ça la technique du « double overfucking ! »

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