LA PUBLICITÉ, C’EST CON, ÇA TUE ET ÇA POLLUE !

Il y a un truc qui fait toujours marrer ma moitié, c’est quand je commente les pubs à la télé, pendant que nous ingurgitons le museau-vinaigrette vespéral. Dame, comme, de par son métier, elle voit défiler toute la misère du monde pendant toute la sainte journée, il faut bien que je la distraie un peu avec l’humour proverbial que le monde entier me reconnaît. Au fait, vous avez remarqué ? Il n’y a pas de pub pour le museau-vinaigrette à la télé.

Mais les pubs pour les bagnoles, on n’y échappe pas. Il y a deux catégories de spots publicitaires automobilesques. Soit pour les véhicules familiaux, toujours avec la daronne à la place du mort, le daron, barbu, au volant, évidemment – en ce moment, tous les trentenaires sont barbus – et les chiards sur la banquette arrière. Il faut savoir que ces vies de familles explosent dans 45 % des cas et que les chiards de la banquette arrière ont toutes les chances de connaître les joies de la garde alternée ou de la famille recomposée. Quant à la dite bagnole, on ne sait à qui elle échoira lors du divorce, alors que le crédit ne sera même pas encore soldé.

La deuxième, c’est les pubs pour les chignoles un peu plus musclées. Les films les montrent généralement de nuit, avec un mec toujours barbu au volant ou une gonzesse canon, vu qu’elles ne sont plus totalement cantonnées aux pubs lessivières ou repasseuses. La tire, rutilante, défile au ralenti pour qu’on voit bien qu’est-ce-qu’elle est belle. Bien qu’équipée d’un moteur surpuissant, elle ne dépasse jamais le 10 km/h sinon on ne pourrait admirer les roues en alliage qui font bander tous les trentenaires barbus. Ah mais, tous ces barbus, ça m’énerve. Malheur aux barbus ! Mais je digresse. Revenons à ce qui nous préoccupe aujourd’hui.

J’aime bien aussi les spots pour les produits de beauté. Pour les publicitaires, une meuf, passé 25 ans, commence déjà à faisander sévère. À 30, elle compte trop d’heures de vol pour être encore cotée à l’argus. Qu’à cela ne tienne, elle sera recyclée en daronne des lardons dans les pubs pour les boîtes à roulettes, les lessives ou les surgelés. Afin de ne pas être mise au rebut, la dite daronne devra garder, sinon un aspect désirable – à part les ados à forte tendance masturbatoire, qui a envie de se faire la mère de trois nains infernaux? – donc, disais-je, sinon un aspect désirable, tout au moins une apparence la moins repoussante possible. Pour y parvenir, elle devra se tartiner à perpet’ la tronche chaque matin, avec des retouches tout au long de la journée. Les pubs ne dévoilent jamais le coût de ces crèmes miracle. Rassurez-vous, je me suis renseigné. J’ai pris une marque, disons, milieu de gamme. Une crème anti-rides qui s’appelle anti-âge absolu, ça ne s’invente pas. Mais je ne citerai pas l’enseigne. C’est vendu 59 euros les 50ml, soit environ 45 grammes. Je fais le calcul à votre place, ça fait 1311 euros le kilo, soit le tarif du kilo de caviar Baeri, mais c’est moins bon. Ok, le Baeri est un produit français, pas le vrai, le noble, le Beluga russe de la Mer caspienne. Mais quand-même…

Il y a des figures imposées, dans la pub. L’omniprésence de la langue anglaise, bien que l’allemand soit utilisé pour les bagnoles produites outre-Rhin, en cachant le fait que certaines marques teutonnes, et pas les moins prestigieuses, équipent leurs voitures de moteurs made in France… Autres obligations, la musique qui accompagne les spots est systématiquement anglo-saxonne, comme les slogans qui concluent ces œuvres, y compris et surtout pour les produits français. Mais que font donc Toubon et le CSA ?

Il y a une catégorie de pub que j’aime bien, c’est la propagande institutionnelle. Prenons les fameux cinq fruits et légumes par jour. D’un côté, on nous dit que c’est bon pour la santé, et de l’autre, on nous explique que c’est bourré de pesticides et autres produits chimiques. Comme le poisson, nourri au plastique des sacs de supermarché. Quant à la viande de bœuf, vantée par des réclames financées par l’Union européenne, donc le contribuable, donc vous et moi, il y a belle lurette qu’on épargne aux bovins la peine de brouter de l’herbe. Mais dans les pubs qui mettent en scène des bandes de copains trentenaires barbus, encore eux, autour d’un barbecue, le bœuf est le ciment de la fête, après un apéro copieusement arrosé.

Justement, à propos d’apéro, les pubs pour l’alcool sont interdites, contrairement aux bagnoles qui polluent, aux crèmes de beauté chimiques, aux chocolats bourrés de sucre et d’huile de palme, aux restaurants de sandwiches amerloques à la viande hachée et au ketchup, aux fringues en synthétique fabriquées par des esclaves en Asie et ailleurs. Tu peux crever d’une maladie mystérieuse due à ce que l’industrie agro-alimentaire t’as vantée dans les étranges lucarnes, mais pas de l’alcool, qui est un marqueur social, que dis-je ! Une marque d’infamie. Quand tu picoles, t’est un coupable, quand tu bouffes de la merde, vendue par la pub, t’es une victime. CQFD.

Pour conclure, je vous propose quelques réclames, comme on disait alors, qui ont été refusés à mon grand-père par les émetteurs de TSF avant que ces derniers ne soient brouillés par les Allemands ou squattés par les collabos :

– « Un automne au sec avec les bérets Crânausec et l’hiver au chaud avec les passe-montagnes Tronchauchaud ! Avec les couvre-chefs de la manufacture Volfoni & Naudin, exigez la qualité française ! »

– « Qui porte les caleçons Couillalaise, à l’aise baise ! Couillalaise, le calebar des hommes qui redressent la barre ! »

– « Monsieur, chaque matin ayez le réflexe Bitonet ! Bitonet ? L’hygiène intime masculine à portée de toutes les bourses ! »

– « Avec la permethrine du docteur Chaudard au permanganate de bicarbonate de potassium fluoré en phase gazeuse, débarrassez vous définitivement des morpions. Finies les démangeaisons et les femmes fuyantes ! Là où la permethrine Chaudard passe, le morpion trépasse ! »

C’est tout pour aujourd’hui, bonjour chez vous !

SÉDUCTION ?

Selon ma compagne, une jeunette quinquagénaire, ma bedaine est raisonnable. Chaque jour, elle me dit qu’elle m’aime et que je suis beau. Hier, je suis allé me livrer à la corvée du coiffeur. La gamine qui s’est occupé de moi, vingt ans à tout casser, mais déjà équipée de tout ce qu’il faut, m’a coiffé en effleurant mes épaules de sa poitrine généreuse, tout en me passant le rasoir, « vous avez de beaux cheveux » m’a-t-elle dit. Un sourire à tomber, des formes magnifiques, des yeux, je vous dis pas, marrons profonds, des gestes fins et délicats. Mais bon, elle pourrait être ma petite fille. Et ça, c’est pas possible. Je ne peux m’imaginer séduire une gamine de 20 ans, j’aurai l’impression d’être un pédophile.

La gonzesse qui pourrait me séduire doit au moins avoir 50 ans. L’un de mes potes les plus proches me disait « les femmes, je les aime bien un peu faisandées. » Je vous l’accorde, ça n’est pas très fin. Mais je ne suis pas contre ce concept.

Récemment, un autre pote me demandait ce que je regardais en premier chez une femme. Je lui ai répondu « la façon dont elle bouge. » Il m’a traité d’hypocrite. Ce en quoi il avait tort. C’est bien la manière de se mouvoir qui attire mon regard et qui maintient éventuellement mon attention. Par exemple, j’aime bien le printemps, à la terrasse des bistrots parisiens. C’est le moment où les jambes des femmes repoussent, selon l’expression de mon meilleur ami, décédé depuis quelques printemps. J’ai une pensée émue pour lui, qui savait regarder et apprécier.

« Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens et lui donnent son équilibre et son harmonie. » C’est pas moi qui le dit, c’est François Truffaut, dans le film L’homme qui aimait les femmes, par le truchement de Charles Denner, ce merveilleux acteur. J’aime à regarder, à écouter le bruit de la parisienne, en ce moment béni, où la lumière du printemps nous sort de la sinistrose hivernale. Allez, quelques images et quelques bruits. Les talons aiguilles qui claquent sur le pavé parisien, la main qui tente de discipliner une brune chevelure, m’enchantent, à la sortie d’une bouche de métro, mieux, à la terrasse d’un troquet. La Francilienne bien gaulée, dans la fameuse petite robe noire, qui arpente le bitume du XVème arrondissement sur l’avenue Émile Zola en fumant sa cigarette.

La trentenaire LREM, à la voix haut-perchée, et au débit de mitrailleuse, qui récite consciencieusement les éléments de langage fournis par Macron S.A. au micro de Salamé ou de Barbier est un handicap pour ma première érection du matin, celle qui est le signe de ma bonne santé de sexigénaire. Schiappa, de Monchalin ou Bergé sont des dévastatrices de libido. On a l’impression qu’elles sortent d’une scierie de langue de bois. La sincérité, l’authenticité sont les éléments essentiels de la séduction, bien avant les canons de la beauté physique que nous impose la publicité et les escrocs mercantiles qui nous font les poches.

Il y a aussi les séductions coupables. Il m’est arrivé d’écouter Jean d’Ormesson avec plaisir. Faut dire que, sans être « c’était mieux avant », j’aime bien la belle langue. Un drôle de bonhomme, se revendiquant de droite, soupçonné d’avoir dissimulé un peu de pognon à l’administration fiscale, 16 millions d’euros quand-même. Soutien de Sarkozy, il sera pourtant le dernier visiteur de Mitterrand à l’Élysée avant que ce dernier ne passe le pouvoir à son successeur. Les deux hommes s’étaient mutuellement séduits. Jean d’O a fini sa vie en tant que showman sur les plateaux de télévision et jouera même le rôle de Mitterrand dans un téléfilm.

Bonjour chez vous !

COMPASSION ?

Faut-il avoir de la compassion pour celles et ceux dont un proche fait face à à de grandes difficultés ou pire, qui viendraient de perdre un proche ? La réponse semble évidente, mais des événements récents permettent d’en douter.

Le Maire de Levallois-Perret vient d’élire domicile à la prison de la Santé, à nos frais, une fois de plus. Faut-il avoir de l’empathie pour ses proches ? Me concernant, non. Il semble que tout son entourage se soit copieusement goinfré pendant des décennies grâce aux malversations de cette fripouille. De plus, ses victimes, en premier lieu les Levalloisiens, mais ils ne sont pas les seuls, on peut compter l’ensemble des contribuables français, semblent être nombreux à apporter leur soutien à ce forban de haut vol qui, de plus, nous fait des bras d’honneur. Les autres font ce qu’ils veulent, me concernant donc, pas de compassion pour cette bande de malfaiteurs.

Parlons maintenant de la crapule qui nous a servi de Président pendant douze ans et qui vient de passer l’arme à gauche, si j’ose dire. Voilà une semaine qu’on nous fait bouffer du Chirac à toutes les sauces. L’individu, également escroc de haut vol, a eu plus de chance que Balkany. Il n’a été condamné qu’à deux ans de prison avec sursis. Le point commun avec son pote est que tout son entourage a également bien vécu sur la bête. Depuis une semaine, les hommages se succèdent. Quatre-vingt Chefs d’État, actuels ou anciens, étaient présents à Paris, lundi dernier pour saluer leur ancien complice. Au passage, je souligne le bilan carbone désastreux de cette manifestation, une ironie pour celui qui avait déclaré « la planète brûle et nous regardons ailleurs. » Mais je digresse. De plus, des milliers de gogos ont défilé à l’Élysée ou aux Invalides pour dire leur émotion suite au décès de celui qui leur a fait consciencieusement les poches pendant plus de cinq décennies. C’est curieux cette manie française de saluer la mémoire des aigrefins de la République.

Je me demande pourquoi un monument n’a pas encore été érigé à la gloire de tous ces scélérats qui échappent, à quelques exceptions près, il faut bien faire un exemple de temps à autres, à la paille humide du cachot. J’imagine l’épitaphe qui suivrait l’interminable liste, « aux crapules qui nous gouvernent, la Patrie reconnaissante. » Pas de compassion ! La mienne, je la réserve aux pue-la-sueur de base, aux vieux pensionnés à huit-cent euros par mois, aux chômeurs que l’on stigmatise et à qui on vient de mettre un gros pain dans la gueule avec la nouvelle convention d’assurance-chômage. Mais comment peut-on oser aller mettre sa signature sur un registre de condoléances dédié à celui dont tout le monde savait les malversations et les turpitudes ?

Bon, ça y est, je m’énerve et je ne fais pas rire. Mais comment faire rire avec une compassion que je n’éprouve pas ? Comment ne pas être en colère devant tant de naïveté compassionnelle ? Je ne suis pas un donneur de leçons de morale. Mais comment ne pas être effondré devant tant de niaiserie populaire ! « Esclave, choisis ton maître ! » devrait remplacer, aux frontons de nos maisons communes, la devise « Liberté égalité fraternité. » Je ne sais plus qui a dit, je le cite de mémoire « j’aime le peuple, mais je me méfie des foules. » Mais cessons-là, chères auditrices et chers auditeurs. Voilà que je me mets à pontifier.

C’est tout pour aujourd’hui, bonjour chez vous !

UNE APOCALYPSE ANNONCÉE

Moi, vous me connaissez, comme le disait le célèbre commissaire, pas Maigret, l’autre. Toujours gai, joyeux, enjoué. Mais là, en ce moment, il y a trois choses qui me les brisent menues. Commençons par la moins dramatique. Avant, les téléfilms américains de Noël et les chocolats industriels commençaient à dégouliner des étranges lucarnes dans la 1ère quinzaine de novembre. On attendait qu’Halloween, cette invention de la grande distribution, destinée à vider les poches des pue-la-sueur et autres gilets jaunes soit passée. Cette année, les aigrefins n’ont même pas attendu la fin du mois d’octobre pour sensibiliser la ménagère de moins de 50 ans, censée tenir le porte-monnaie familial, à la nécessité de se précipiter fissa dans les rayons des temples de la consommation pour acheter tout un fatras de trucs inutiles, venus de Chine à grands frais, transportés par des porte-containers géants qui contribuent largement au réchauffement climatique. Je n’en dirai pas plus, chaque année je beugle contre les fêtes de fin d’année, liturgie larmoyante, mercantile et obligatoire.

En second lieu, parlons un peu du scandale du hijab. Plus précisément de l’inondation médiatique, pathologie collective qui se déclenche chaque année depuis cette histoire des collégiennes de Creil en 1989. Cette fois-ci, le Président de la République a lui-même déclenché (pas tout seul) l’opération. Curieusement, en plein mouvement des gilets jaunes – n’en déplaise à certains, ça continue, vu les rogatons qu’on leur a lâchés, il ne peut en être autrement – et pendant le début d’un mouvement social à la SNCF dont je subodore qu’il s’annonce croquignolet. Pour paraphraser je ne sais plus qui « quand le sage pointe les colères grandissantes, l’imbécile regarde le voile. » Depuis 15 jours, rares sont les journaux télévisés, ou qui prétendent l’être, qui ne commence par telle ou telle déclaration d’un sous-ministre, d’un député en mal de notoriété locale ou les commentaires de tel ou tel pisse-copie soucieux de brûler la politesse à ses concurrents en démagogie. « Plus nauséabond que moi tu meurs ! » La décence m’impose, afin de ne pas choquer les oreilles délicates de ne qualifier tous ces sinistres individus que du terme de charlatans.

En troisième lieu, le plus important. Qui ne m’énerve pas, mais qui m’inquiète rudement, c’est le suicide annoncé de l’espèce humaine, une fois qu’elle aura trucidé tout ce qui marche sur 2 ou 4 pattes, ou qui nage, ou qui pousse ou qui rampe – je fais allusion aux reptiles et non aux énarques, pardon si les reptiles se sont senti offensés par mon propos. Si j’ai bonne mémoire, j’avais exprimé, sur cette antenne, mon plus profond mépris pour le Grenelle de l’environnement et la COP 21, où on avait vu pleurer Laurent Fabius. Je me disais que j’avais vu beaucoup de choses dans ma vie, mais après avoir vu l’ancien Premier ministre en larmes, je me suis aperçu que la réalité pouvait dépasser l’affliction. Mais je digresse. Donc, après ces deux escroqueries, rien n’a changé, ou plutôt si : la planète a largement augmenté ses émissions de gaz à effet de serre. La fin de la vie sur la planète est donc programmée. Pour quand ? On ne sait pas. Les zexperts, avec un Z, comme Zorro, ne sont pas tous d’accord. Saut sur une chose : il n’y aura pas de Zorro pour sauver l’humanité. Ça va commencer par les ultra-pauvres. Quand ils ne seront pas noyés par l’inévitable montée des eaux dans leurs territoires, ils se noieront avec les épaves flottantes qu’ils ont empruntées pour se réfugier dans les contrées moins immédiatement menacées, c’est à dire chez nous. Les pauvres de chez nous, encouragés par les crapules en tous genres, affronteront les plus pauvres qu’eux. Il n’y a pas plus méchant qu’un pauvre effrayé par plus pauvre que lui. Salauds de pauvres !

Et les riches, me direz-vous ? Ils ont déjà commencé à s’enfermer dans des résidences sécurisées. Simplement, les sociétés privées de gardiennage qui veillent à leur tranquillité seront remplacées par des blindés et des miradors hérissés de mitrailleuses de gros calibre. Mais, in fine, ils crèveront quand-même.

Quant à moi, il y a deux ans, j’ai arrêté de fumer. Plus récemment, j’ai arrêté de boire. Et j’envisage d’arrêter la viande, le sucre et toutes les saloperies qu’on veut nous faire ingurgiter. Vous me direz peut-être « Enfin, Hercule, ton pessimisme devrait au contraire t’encourager à abuser de ces plaisirs interdits, avant qu’il ne soit trop tard !» Que nenni ! Au contraire ! Si je veux assister au spectacle de la fin du monde, encore faut-il que je ménage ma santé pour rester en vie le plus longtemps possible !

Allez, joyeux Halloween, Noël, Pâques, Nouvel an et tutti quanti etc… à toutes et tous, profitez-en, ce sont peut-être vos dernières liturgies familiales…

Bonjour chez vous !

LES BASQUES AUTORISÉS À REVENIR EN ISLANDE !

Naguère, le journal Libération nous faisait part d’une nouvelle insolite. Je cite :

« Il est désormais formellement interdit de tuer un habitant du Pays basque en Islande. Non, ce n’est pas une blague. Jusqu’à la semaine dernière, et depuis quatre siècles, un décret local autorisait de tuer les Basques se trouvant dans la région des Fjords de l’Ouest, au nord-ouest de l’île. Le texte en question a été symboliquement abrogé le 22 avril 2013 par l’administrateur de la région. L’explication historique de ce texte surréaliste en vigueur depuis 1615 : au début du XVIIe siècle, les baleiniers basques venaient chasser le cétacé en Islande, alors que la pêche à la baleine était interdite aux marins locaux. En 1615, profitant du naufrage d’un navire basque sur les côtes islandaises, un responsable local ordonnait le massacre de 32 chasseurs de baleine basques. »

Gageons que les touristes basques vont affluer en Islande dès que la bonne nouvelle se diffusera comme une traînée de poudre, de l’Èbre à l’Adour. Les Basques n’auront plus qu’à enfiler leurs Basquettes avant de se lancer à l’assaut des nombreux volcans islandais, ce qui les changera des pentes pyrénéennes. Comme quoi une interdiction peut rapprocher les peuples aux langues aussi bizarres l’une que l’autre.

Autre interdiction récente, celle faite, par le PC chinois aux touristes de l’empire céleste en Occident de balancer des glaviots à tout bout de champ comme il le font chez eux. Il est vrai que cracher dans une file d’attente devant chez Vuitton, ça « le fait pas » comme on dit vulgairement.

Récemment, les supporters des Green angels, en français, les Anges verts, recevaient une lettre recommandée leur signifiant l’interdiction administrative du stade Geoffroy Guichard de l’ASS Saint-Étienne. Au-delà de la question de cette manie des clubs de supporters de foot français de se baptiser en anglais, on peut légitimement se demander pourquoi ce sport ôte les neurones, déjà peu nombreux, des aficionados et des joueurs, plus que toute autre activité sportive. Interdire le foot les rendrait-t-il plus intelligents ? On en doute. Tout comme interdire le Front national ne transformerait pas en génies ses encartés décérébrés.

Reste un sujet rarement débattu de nos jours. Qu’est-qui est le plus emmerdant ? Les interdictions ou les obligations ? Les religions ont, depuis des lustres réglé le problème en imposant les deux. Dès que tu fous les pieds dans un temple, une mosquée ou une église, tu tombes dans le piège. « Et tu dois faire ci et tu dois faire ça, et t’as pas le droit de faire ci et t’as pas le droit de faire ça. » Si tu transgresses, t’es pas un bon juif, catholique, protestant, musulman, rayer les mentions inutiles.

Et la chute, me direz-vous ? Citons Sylvain Tesson, écrivain et stégophile, dans son roman Dans les forêts de Sibérie : « Le cigare et la vodka, compagnons idéaux de ces moments de repli. Aux pauvres gens solitaires, il ne reste que cela. Et les ligues hygiénistes voudraient interdire ces bienfaits ! Pour nous faire parvenir à la mort en bonne santé ? »
On peut remplacer le cigare par une bonne Gauloise et la vodka par le whisky, ce n’est pas interdit.

Allez, bonjour chez vous !

ORANGE ET COMMUNISME

Ça se passe le long du mur de Berlin, à l’époque où il existait encore. Un petit garçon de l’ouest et une petite fille de l’est jouent de chaque côté de l’un des rares endroits où l’on puisse se voir. Le gamin joue avec une orange.

– Moi j’ai une orange et toi t’en as pas ! Moi j’ai une orange et toi t’en a pas !

La petite fille de l’est éclate en sanglots et file chez elle. Elle se confie à son papa. Ce dernier lui souffle ce qu’il faut répondre au petit con de l’ouest, la prochaine fois que les deux mômes se verront. Ce qui se passe dès le lendemain matin.

Le petit Wessie est là, avec son orange.

– Moi j’ai une orange et toi t’en as pas ! Moi j’ai une orange et toi t’en a pas !

La petite Ossie lui rétorque :

– Moi j’ai le communisme et toi tu l’as pas ! Moi j’ai le communisme et toi tu l’as pas !

Le chiard Wessie éclate en sanglots et file chez lui. Il se confie à son papa de gauche. Ce dernier lui conseille ce qu’il faut dire à la petite peste de l’est, la prochaine fois que les deux mômes se verront. Ce qui se passe dès le lendemain matin.

– Moi j’ai une orange et toi t’en as pas ! Moi j’ai une orange et toi t’en a pas !

– Moi j’ai le communisme et toi tu l’as pas ! Moi j’ai le communisme et toi tu l’as pas !

– Nous demain aussi on aura le communisme ! Nous demain aussi on aura aussi le communisme !

– Et toi t’auras plus d’orange ! Et toi t’auras plus d’orange !

BOURGUIGNON DE JOUE DE BŒUF À LA POIVROT

La joue est restée longtemps une pièce de bœuf méconnue. On la redécouvre depuis quelques années. Elle demande, comme les autres bas-morceaux, une cuisson longue. En retour, vous savourerez une viande d’un moelleux et d’une saveur incomparables. Pour y parvenir, la cocotte en fonte est l’idéal. J’ai peaufiné cette recette avec le temps et l’expérience. Si vous la suivez scrupuleusement, vous obtiendrez une assiette avec une sauce onctueuse et brillante, débarrassée de ces détestables « yeux » de gras, qui ne demande qu’à être allègrement saucée avec un bon pain.

Pour 6 personnes : 1,5 kg de joue de bœuf – 1 belle branche de céleri – 1 gros oignon – 1 tête d’ail – 1 grosse carotte – 500 grs de champignons de Paris – 40 grs de cèpes séchés (un petit bocal de la marque Sabarot, par exemple) – 1 branche de thym – 3 feuilles de laurier – persil – quelques grains de poivre – 2 bouteilles d’un bon vin rouge – 3 tranches épaisses de lard nature – 3 cas bombées de farine – gros sel – 1,5 kg de rattes du Touquet (ou de Haute-Loire) – 100 grs de beurre – 3 cas d’huile d’olive

L’avant-veille du repas

Préparez une marinade avec le vin rouge, les légumes émincés (à l’exception des champignons de Paris et des cèpes), le poivre et un peu de gros sel. La tête d’ail restera entière. Découpez la viande en morceaux d’environ 5 cm, plongez les dans la marinade. Mélangez et réservez au réfrigérateur dans un saladier filmé avec du plastique alimentaire pendant la nuit.

La veille

Sortez les morceaux de viande de la marinade. Épongez-les. Faites les revenir sur toutes les faces dans une poêle avec l’huile d’olive. Déposez-les dans la cocotte en fonte, singez (saupoudrez de farine) ajoutez deux louches de marinade, mélangez viande, marinade et farine à la cuillère de bois. Puis ajoutez progressivement toute la marinade, avec les légumes et les aromates, en remuant jusqu’à obtenir une bonne homogénéité. Couvrir et c’est parti pour une cuisson longue à feu doux dans un coin de votre cuisinière. On ne doit voir que de toutes petites bulles à la surface de cette œuvre en devenir. Vous remuez de temps à autre.

Au bout de deux heures, coupez le feu. Laissez refroidir. Puis, mettez la viande dans un récipient, passez le bouillon au chinois (ou dans une passoire) et réservez le au réfrigérateur dans un autre récipient. Jetez les légumes et aromates, qui ont rempli leur rôle.

Le jour du repas

Sortez le bouillon du réfrigérateur. Éliminez délicatement le gras monté en surface, à l’aide d’une cuillère à soupe. C’est l’astuce qui va vous éviter les désagréables « yeux » de gras dans les assiettes et obtenir une sauce homogène en goût, en texture et en saveur ! Mettez ce qui est désormais une sauce à réchauffer doucement dans la cocotte. Si elle vous paraît trop liquide, faites réduire, jusqu’à la bonne consistance.

Ajoutez la viande. Faites cuire encore une heure à feu doux. Remuez de temps à autre. Pendant ce temps, mettez les cèpes séchés à tremper pendant 30 minutes dans de l’eau bouillante, qu’ils soient à peine couverts. Ce laps de temps passé, ajoutez les cèpes et leur jus dans le bourguignon.

Découpez les tranches de lards en lardons, faites revenir avec les champignons de Paris émincés à feu vif avec un peu de gros sel. Ajoutez au bourguignon. Goûtez et rectifiez (ajoutez du sel si nécessaire). On peut ajouter un petit verre de marc de Bourgogne, de cognac ou d’armagnac, mais ce n’est pas obligatoire.

Voilà, c’est presque terminé. Juste avant de servir, ajoutez le beurre dans le bourguignon, ce qui va donner un aspect brillant à la sauce, ainsi qu’un demi-verre de vin frais, qui va apporter juste-ce-qu’il faut d’acidité. Mélangez.

Les rattes ?

Pendant que votre tambouille mijote, faites cuire tout doucement vos rattes dans leur peau, dans de l’eau légèrement salée pendant 20 à 25 minutes selon grosseur. Vous les éplucherez avant de les servir, à part ou dans le bourguignon.